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Pourquoi on ira voir « Nos Futurs », bientôt au cinéma

Par Elle adore

« Nos Futurs », le nouveau film de Rémi Bezançon, sort le 22 juillet prochain au cinéma. On en pense quoi ?

Dans la famille des films français, Rémi Bezançon est l’un
de mes réalisateurs favoris. Surfant souvent sur la thématique de la vie, de
l’évolution de chacun et du temps qui passe, il parvient à retranscrire sans
pathos une nostalgie bienveillante et use de sensibilité pour amener par
l’humour des moments douloureux. Il en résulte un comique de situation
délectable, qui ne cache pas pour autant la réalité. Celui à qui l’on doit le
sympathique Ma vie en l’air et l’excellent Le premier jour du reste
de ta vie parvient en effet à mêler intelligemment la légèreté aux
problèmes de fond. Mieux encore, il y intègre des BO à tomber, révélatrices
d’une culture rock bien ancrée.

De quoi permettre à la génération des 90’s de
s’identifier aux personnages et percevoir ses longs-métrages d’un œil délicat.

De fait, quand j’ai eu l’occasion de visionner Nos Futurs,
son nouveau film en avant-première, je n’ai pas particulièrement hésité. Afin
de pouvoir être présente, j’en ai même annulé un impératif professionnel !
Et pour garder le suspens intact, j’ai décidé dans la foulée de ne voir aucun
teaser, aucune bande-annonce.

Le pitch :
« Deux
amis d’enfance, qui s’étaient perdus de vue depuis le lycée, se retrouvent et
partent en quête de leurs souvenirs… »

Mon avis :
Voici un pari osé, de par son sujet plus ambitieux que de coutume !

Rémi
Bezançon prend les risques d’un film audacieux, truffé de références en tout
genre, et qui s’aventure vers un road
movie aussi tendre que loufoque. Les rebondissements sont légion et n’en
finissent pas de surprendre, en partie car même si le dénouement se laisse
deviner (et j’aime ça moi, deviner les dénouements), il sème derrière lui une
multitude d’indices qui ne se perçoivent pas toujours au premier coup d’œil. Je
me suis donc délectée, post-séance, à trouver des corrélations ici ou là, des
phrases anodines mais lourdes de sens et de petits détails qui, sans en avoir
l’air, fracassent tout sur leur passage.
Là où la première lecture est
agréable, la seconde installe une dimension nouvelle qui gagne en intérêt et en
crédibilité. 

 Comme de coutume,
j’ai aimé ce retour aux 90’s sur fond de Offspring et de délires désormais
surannés. Devrais-je évoquer un Pio Marmaï plus en forme que jamais dans sa
dextérité hors-pair à se servir d’un… minitel ? Nos Futurs se
savoure comme un petit écrin de mélancolie, un peu trop tire-larmes parfois,
mais jouissif de par sa mise en scène régressive. Nos années lycée (à nous, les
jeunes trentenaires) sont ici ressuscitées et elles sont exagérées juste ce
qu’il faut, aussi puissantes qu’une radio-libre écoutée en douce le soir.

Porté
par un casting éclectique (Pierre Rochefort, Kyan Khojandi…), ce film haut en
couleurs enchaîne les vannes qui font mouche et des dialogues savoureux.

Le hic ? Le manque de rythme assurément. Là où Le
premier jour du reste de ta vie commettait un sans-fautes, Nos Futurs s’embourbe
parfois dans quelques digressions inutiles. Ici ou là, on décèle des longueurs
qui pourraient être évitées et plus globalement, une certaine difficulté à
maintenir l’équilibre entre le drame et la comédie. Le long-métrage semble se
chercher un peu et s’étioler par moments. De la sorte, il se révèle imparfait,
tel un projet trop fou pour enchaîner les scènes les unes aux autres et les
faire tenir debout, bien stables.

Si je ne peux, de la sorte, considérer ce Nos Futurs comme le meilleur
film de Rémi Bezançon, on ne saurait lui enlever ses nombreuses qualités.
Original et complètement barré de prime abord, il s’apprécie au-delà, soulevant
des problématiques plus graves amenées avec pertinence. Le plus bel exemple
restera sans doute cette cover de
« Where is my mind » des Pixies qui se plaît à jouer sur la
symbolique du film Fight Club dans un effet de style qui m’a laissée
sans voix. En bref, une véritable chasse aux trésors d’anecdotes dissimulées et
de deuxième degré que les cinéphiles comme les mélomanes apprécieront.

Tant pis
alors pour le côté un brin bancal ! A vos Bip-Bop, vos Tam-Tam, vos K7 et
vos Walkman Sony : c’est sans hésitation que je vous incite à envahir les
salles obscures dès le 22 juillet.

Tentés ?

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